jeux de dames

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BORIS

L’histoire se déroule en France, dans les années 80, en Lorraine, plus précisément en Moselle, dans le pays de Bitche, sur le site (existant) d’un ring Hun.
Boris est un jeune homme défiguré et désargenté, qui après des études d’histoire essaye de survivre de petits jobs, dans un Strasbourg hivernal, gris et froid.
Il est embauché comme gardien d’une propriété isolée, située près de Bitche en Moselle. On ne lui demande que d’être présent, de chauffer et d’entretenir la vaste demeure.
Passé les premiers moments de joie d’avoir trouver un moyen de vivre, tranquille, loin du monde, il s’aperçoit de l’omniprésence d’oies dans la maison, en peinture, en sculpture et dans les noms des occupants précédents et de son propre patronyme.
Il entame une partie de jeu de l’oie avec des figurines dont il rêve tout éveillé. Progressivement sa réalité glisse vers des époques plus ou moins anciennes, où une guerrière Hun, Léna, semble l’attendre.
Le domaine est implanté sur un ancien site Hun, auquel s’attache une légende germanique expliquant le rôle de gardiennes dévolu aux oies et du rituel de sacrifice induisant l’arrêt ou l’avance du peuple Hun vers le couchant.
Au printemps de la même année, on retrouve Boris et Léna, garde-chasse et domestique d’un industriel Allemand, qui organise une partie de chasse et une partie fine, pour des partenaires commerciaux, accompagnés d’escort-girls.
La chasse à l’oie va se terminer en chasse à l’homme.

http://www.leseditionsdunet.com/roman/5123-boris-philippe-pinel-9782312053981.html

 

L’Île des Morts (extrait)

Marie, tu sais ce que c’est la mort ? La mort c’est quand il n’y a plus personne qui pense à toi, qui parle de toi, de ce que tu as été, de ce que tu as fait ou dit.

Un jour dans la Loire, à Roanne, la ville a fait démolir une maison pour y faire autre chose. En prenant possession des lieux, les démolisseurs ont trouvé des restes humains. Le cadavre d’un type qui était mort là. Cinq ou six ans auparavant. Ce type était tellement seul, tellement méprisable, négligeable, que personne n’a jamais su qu’il était mort. Parce que personne ne savait qu’il avait été vivant. C’est ça la mort. La pire des morts. Celle qui a lieu de ton vivant.

— Et toi, tu penses que tu étais déjà mort, comme ce type, ce clochard ?

— Non pas à ce point. Ma disparition a dû avoir des implications financières. Pour mes survivants il a bien fallu que j’aie existé, pour qu’ils bénéficient de mon salaire, puis de mon assurance. C’est terrible d’être seul au milieu des gens. En me promenant seul en forêt ou bord de l’Ill, en fait je n’étais pas seul, j’étais juste avec moi même. En rentrant chez moi, là, je devenais seul. C’en était au point, que je ne considérais pas ma maison comme un « chez moi », un lieu de transit tout au plus. La maison de la douleur, comme dans l’île du Docteur Moreau. J’ai parlé avec Flore de la période ou j’étais dans le coma. Personne n’a jamais fait le déplacement pour venir me voir. Ma femme est venue chercher mon certificat de décès. C’est tout. J’étais mort depuis tellement longtemps, remplacé depuis tellement longtemps. Mais ce n’est pas bien grave. En fait je ne risque plus rien.

Je suis mort affectivement, je suis mort physiquement, cérébralement et socialement, tout ce qui peu encore m’arriver, c’est de vivre.

sonja

Le Jubjoteur. (extrait)

La motrice est sortie de sa léthargie. Des bruits de remise sous pression. Occlusion des volets et des trappes, grincements. Les diaphragmes sont operculés. Les bielles et les arbres de transmission verticaux reprennent leurs mouvements. La poussière commence à se redéposer. On entend les patins du glisseur se caler dans les rails de guidage.

Thuuumm. Signal sonore. Tshhhhh. Fermeture. On perçoit le bruit du réacteur de la motrice monter en puissance. La rame entame sa descente. La crasse grise repasse brièvement en suspension avant de retomber sur le quai, sur moi, mes habits, mes chaussures, en face desquelles vient d’apparaître une paire de bottines.

Je lève la tête vers leur propriétaire. Petite taille. Vêtements de luxe antistatiques. On distingue des couleurs. Respirateur intégral couvert de signes et de dessins en relief. Très haut de gamme. Il est de la caste des Mécanistes. Une main gantée désigne un siège à ma droite.

— La place est libre ?

La voix est déformée par l’appareil aéro-ventileur, mais c’est une voix jeune.

J’opine de la tête. Mon masque, pourtant de bonne qualité pour la filtration, n’est pas conçu pour le dialogue. Mon : « oui, oui », est transformé en « grumbl, grumbl ».

Il a dû comprendre quand même et s’assoit.

Je m’interroge sur la présence d’un Mécaniste dans les bas-fonds poussiéreux de la cité. Ils demeurent tout en haut. Plus nous dégageons les décombres, plus ils remontent. Une rumeur court qu’il y a des endroits où certains d’entre eux vivent sous des coupoles avec vue sur le ciel. Gris. Mais quand même, un ciel gris c’est mieux qu’un plafond.

J’ai le sentiment gênant qu’il m’observe. Sa veste couvre ses cuisses, les mains posées sur les genoux. Les tissus antistatiques laissent deviner des arabesques, des dessins compliqués dorés et bleutés. Les gants sont très fins. Je distingue la forme des doigts, ongles, phalanges et articulations. Je tourne la tête vers lui. Il me regarde. Sous la capuche souple dépourvue de poussière, son masque est dirigé vers moi.

— Merci.

J’ai retiré mon masque.

— Merci de quoi ?

— Pour le siège.

Dans ma tête, un signal d’alarme s’est allumé. Des sièges, il y en a une centaine le long du quai. La plupart sont inoccupés. Personne ne s’assoit. Tout le monde est pressé de quitter les stations. Pressé de retourner chez soi. Même si le chez-soi est minable et sinistre. Personne ne se parle. Pas le temps, pas d’air, pas envie.

Il pivote vers moi, pose sa main sur mon poignet.

— Je m’appelle Zelda.ZELDA

The begining of the end

The begining of the end

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